CATALOGUE DE MESURES 2009 - 2014
Introduction
Il ressort du dernier rapport annuel de l’ETSC (European Transport Safety Council) que le Luxembourg ainsi que la France et le Portugal pourraient être les seuls pays à atteindre le but fixé par la Commission Européenne, à savoir de réduire de 50 % la mortalité routière.
En effet depuis 2001 le Luxembourg a réussi à réduire le nombre des tués de la route de 38 % en 2007 et de 50 % en 2008.
Bien entendu ces chiffres sont très encourageants mais il faut relativiser cette évolution. Tout comme les deux autres pays, la France et le Portugal, qui affichent de très bons résultats, nous revenons de loin.
Il faut savoir qu’il y a moins de 10 ans le Luxembourg figurait parmi les plus mauvais élèves en Europe et manquait cruellement de législation adéquate en la matière. D’autre part, l’année de référence 2001 était particulièrement meurtrière au Luxembourg avec 69 tués, ce qui fausse légèrement le résultat.
Il est cependant indéniable que de grands progrès ont pu être réalisés.
En effet, ce n’est que grâce à une politique de sécurité routière cohérente que nous avons su inverser la tendance. L’introduction du permis à points, des contrôles de Police plus réguliers et plus récemment l’introduction du taux d’alcoolémie 0,5 ‰ ont contribué à baisser significativement les accidents de la route.
Si nous voulons réussir le défi qu’a lancé la Commission Européenne pour 2010 nous ne devons en aucun cas relâcher nos efforts ni en matière de répression ni en matière de prévention.
Une grande responsabilité revient aux concepteurs et aux gestionnaires de notre réseau routier qui doit être conçu de manière à prévenir les erreurs des usagers ou d’en diminuer les conséquences et qui doit pouvoir contrecarrer au mieux les dysfonctionnements qui conduisent à l’accident.
Installation de radars fixes
La mise en place du contrôle/sanction automatisé par l’installation de radars fixes aux endroits dangereux prioritairement est une mesure très efficace pour lutter contre les excès de vitesse et le non-respect des distances de sécurité. Dans de nombreux pays et notamment en France, elle a contribué de manière significative à une baisse historique des accidents de la route. Cette mesure a un grand impact sur les vitesses pratiquées de manière générale et surtout sur les grands excès de vitesse. Son utilité dans la lutte contre les accidents est incontestable.
Audit de la signalisation/ des points noirs/ des accidents
La Sécurité Routière est persuadée que le respect des règles et leur acceptation par les usagers de la route est tributaire d’une signalisation adaptée, claire, logique et compréhensible pour tout usager. Or, les nombreuses incohérences ne sont pas seulement irritantes, mais dangereuses.
Un audit de la signalisation permettrait d’adapter au mieux la signalisation à la configuration des routes.
De même, le système CITA devrait enfin être optimisé et mis au profit d’une réelle gestion du trafic et d’une sécurité accrue. Dans cet ordre d’idées, le système pourrait être utilisé pour diffuser des messages de sécurité (comme p.ex. gardez vos distances, mettez votre ceinture ...)
Les points noirs et endroits dangereux devraient également faire l’objet d’un audit de sécurité et les infrastructures clémentes devraient systématiquement remplacer des éléments trop rigides en bord de route.
En outre, chaque collision ayant causé des blessures graves devrait être analysée par un groupe d’experts pour pouvoir déterminer les circonstances et causes et en tirer les conséquences, soit au niveau de l’infrastructure, soit au niveau de la signalisation ou autre mesure qui s’impose dans les conclusions du rapport d’audit.
Téléphone portable au volant : perte de deux points
Il est incompréhensible que le fait de téléphoner au volant ne soit pas assorti d’une perte de points sur le permis. Alors que de nombreuses études et expériences démontrent qu’une conversation téléphonique, avec ou sans kit main libre perturbe significativement l’activité multitâche que constitue la conduite d’un véhicule.
Cette perturbation a des répercussions sur la perception du conducteur, sur sa capacité de jugement, sur son attention et sur ses temps de réaction. Le législateur donne ici un mauvais signal aux usagers les laissant croire que c’est un comportement sans risque, puisqu’il n’est pas sanctionné plus sévèrement.
Réglementation des prix pour les courses de taxis
Depuis de longues années, La Sécurité Routière s’insurge contre les prix de taxis élevés au Luxembourg. La tarification actuellement pratiquée va à l’encontre de la politique de prévention en matière d’alcoolémie au volant récemment mise en vigueur par le législateur.
Le Luxembourg est le pays où les taxis sont les plus chers.
Les tarifs taxi dans les capitales européennes: prise en charge et tarif de base/km
Paris 2,20 0,89 €
Londres 2,30 1,62 €
Bruxelles 2,35 0,99 €
Luxembourg 2,48 1,74 €
Promouvoir la conduite écologique et apaisée
La Sécurité Routière demande au gouvernement de promouvoir activement la conduite écologique. Non seulement pour son effet sur l’environnement, mais parce que c’est une conduite apaisée, prévoyante et plus sûre. La conduite écologique devrait systématiquement être enseignée dans les auto-écoles. Le « code de la route populaire » publié par La Sécurité Routière y consacre d’ailleurs un chapitre pour son édition 2009.
Combattre les accidents de trajets/responsabiliser les entreprises
La Sécurité Routière plaide pour l’introduction dans le « code de la route » de l’infraction de « mise en danger de la vie d’autrui » constituée par le fait « d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessure par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi » (législ. française).
Réorganisation des contrôles de Police
Le contact des usagers de la route et des forces de l’ordre lors d’un contrôle (alcool – vitesse – ceinture) est la première étape décisive dans l’acceptation de la sanction par les usagers et donc de son effet dissuasif et éducatif.
Dans cet ordre d’idées, La Sécurité Routière plaide pour une meilleure formation des agents pour les missions sur le terrain.
D’autre part le choix des lieux de ces contrôles et leur déroulement nécessiteraient une meilleure coordination et organisation.
Création d’une base de données statistiques
La politique de prévention doit pouvoir se baser sur des données statistiques précises et fiables. Les forces de l’ordre, les tribunaux, les Parquets et autres instances détiennent des chiffres précieux. Il n’y a malheureusement aucune coordination entre ces instances compétentes.
La Sécurité Routière demande à ce que ces données soient centralisées et exploitées de manière à pouvoir constituer une base pour l’analyse de l’accidentologie. Ceci dans le but d’orienter non seulement le travail d’une association comme la nôtre mais également les priorités réglementaires du législateur.
Généraliser l’éthylotest anti-démarrage dans les transports de personnes
et particulièrement dans les bus scolaires. Ce concept a fait ses preuves à l’étranger et a même trouvé un champ d’application dans le domaine pénal (projet pilote européen), où il est utilisé pour les récidivistes en matière d’alcool au volant.
Reconsidérer les heures de fermeture nocturnes tardives
La Sécurité Routière s’insurge contre l’organisation aberrante de sorties systématiques jusqu’au petit matin. Cette pratique totalement irresponsable de retarder les heures de fermeture des bars, discos et clubs incite les jeunes à entamer leurs soirées de fête seulement après minuit et à prendre le volant dans un état de fatigue avancée.
La Sécurité Routière invite les autorités à reconsidérer les heures de fermeture autorisées et à veiller au respect de celles-ci avec la fermeté requise. Ceci vaut également pour le contrôle de la vente des boissons alcoolisées aux mineurs de moins de 16 ans.
Promouvoir la sécurité des piétons et des cyclistes
Des améliorations, notamment en ce qui concerne la sécurité des piétons et des cyclistes, s’imposent à court terme.
En effet la prolifération des passages pour piétons (et cyclistes) n’a apporté aucune sécurité supplémentaire et les statistiques le prouvent, sinon un sentiment de sécurité trompeur. La Sécurité Routière plaide pour une restriction significative de la quantité de ces passages et parallèlement pour une application de normes qualitatives beaucoup plus exigeantes, notamment en ce qui concerne l’éclairage et la visibilité.
Promouvoir une reconsidération de l’infrastructure urbaine : le projet « Shared space »
Pendant des décennies les acteurs de l’aménagement urbain ont donné priorité à la circulation automobile et les infrastructures étaient conçues pour favoriser la mobilité individuelle. A force de maintenir cette approche unilatérale, un vrai déséquilibre s’est instauré dans l’utilisation de la voie publique. Les usagers vulnérables, les cyclistes, les piétons, les personnes âgées et les enfants n’y trouvent que difficilement leur place.
La Sécurité Routière plaide pour une nouvelle politique afin de recréer un meilleur équilibre entre les différentes catégories d’usagers et de leur assurer une plus grande sécurité. L’introduction de nouveaux concepts comme « Shared space », la création de zones de rencontre et l’aménagement de routes auto-explicatives doivent être activement encouragés par le gouvernement.
Création d’un lieu de recueil multiconfessionnel
Pour célébrer la mémoire des victimes de la route, La Sécurité Routière demande la création d’un lieu de recueil multiconfessionnel.
Depuis quelques années La Sécurité Routière s’engage aux côtés de l’UEL et d’autres acteurs comme les syndicats ou l’ITM pour combattre les accidents de trajet et de mission. En effet, près de 20 % des accidents de travail sont des accidents de trajet. La prévention du risque routier nécessite un cadre réglementaire précis. Car l’importance de l’acte de conduire dans le cadre du travail (mais également trajet) est telle que l’entreprise devrait appliquer au risque routier les mêmes principes de prévention que ceux mis en œuvre pour les autres risques.
Introduction de l’infraction de « mise en danger de la vie d’autrui »